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Spyware

‘Adware’, ‘freeware’ et ‘shareware’ ?

L'adware est un code supplémentaire dans des logiciels qui permet à ses producteurs de montrer de la publicité quand le logiciel est utilisé. La publicité peut se trouver dans la même fenêtre que ce logiciel, mais il se peut aussi qu'elle apparaisse en tant que fenêtre pop-up. En soi l'adware ne semble pas être dangereux, mais occasionnellement il apparaît que l'adware rassemble des informations, ce qui le rend fortement et de manière suspecte semblable au 'spyware'. Nous parlerons de 'spyware' dans les sections suivantes.

Freeware est un logiciel que vous pouvez télécharger gratuitement, mais qui est protégé par un copyright. Ce qui signifie entre autres que d'autres programmes ne peuvent pas utiliser le code d'origine du programme. Un logiciel gratuit qui n'est pas protégé par un copyright et qui peut donc être utilisé tout à fait librement, s'appelle 'public domain software'.

Shareware est fort semblable au 'freeware', à la grande différenece que le 'shareware' est seulement une version limitée d'un logiciel payant. C'est pourquoi, la plupart du temps, un 'shareware' donnera seulement accès à certaines composantes du logiciel et en plus ne pourra être utilisé que pour une période limitée.


Qu'est-ce que le 'spyware' ?

D'un point de vue économique, il est extrêmement intéressant de connaître le comportement des consommateurs. Cela permet de mieux décrire les stratégies de vente et de mieux les accorder sur les consommateurs. Cela vaut d'autant plus pour le monde de l'Internet. C'est pourquoi des logiciels sont souvent pourvus de pièces capables d’espionner l'utilisateur du logiciel quant à sa manière d'agir avec les ordinateurs et Internet. Cela se fait par les dénommés 'spyware'.

Le 'spyware' enregistre nombre de données de l'utilisateur. Quelques exemples sont: quels sites a-t-il visité et combien de temps passe-t-il sur Internet, quels types de programmes utilise-t-il et combien de courriels envoie-t-il et reçoit-il. Ces données sont ensuite transférées à la personne ayant développé le logiciel, et qui disposera ainsi de toute un série de données afin de mieux évaluer le comportement des consommateurs visés par lui. Par la suite, cela lui permet de déterminer (par exemple au moyen de bannières) ses stratégies (de marketing). Parfois, le 'spyware' va encore plus loin, par le fait qu'il est même capable de réaliser des bases de données d'adresses courriels et ip, permettant d'atteindre les consommateurs de manière encore plus personnelle au moyen par exemple de publicité (non-souhaitée) sur mesure (voyez la section “qu'est-ce que les 'spam' “).

Quoi qu'il en soit, les données personnelles transmises par le 'spyware' sont toujours décodées, ce qui fait qu'il n'est pas toujours facile de déterminer à première vue de quel type de données il s'agit. Un exemple retentissant en est le 'RealJukebox' de RealNetworks. On a découvert, mais seulement après qu'il ait été téléchargé plus d'un million de fois, qu'il transmettait à RealNetworks des informations sur les Cds et MP3s tournés par les utilisateurs sur leur PC. Ainsi, RealNetworks savait déterminer le goût musical de chaque client et faire de la pub de manière beaucoup plus ciblée. Cette découverte a provoqué tant d'agitation que RealNetworks a renoncé à insérer cette fonction d'espionnage dans les versions ultérieures.

Des instruments utiles permettant de vérifier si le logiciel contient des 'spyware' sont disponibles sur:


Le 'spyware' est-il légal ?

Quelque soit le but pour lequel on utilise le 'spyware', il est certain que ça ne peut en aucun cas être considéré comme légal. En effet, le 'spyware' viole notre vie privée en traitant des données à caractère personnel d'une manière contraire à la Loi du 8 décembre 1992 (plus précisément les articles 4 et 5) sur la protection de la vie privée en ce qui concerne le traitement des données à caractère personnel.

Cependant, certains programmes admettent sans détours dans leurs conditions générales qu'ils transmettront les informations vous concernant à d'autres parties. C'est permis à condition que la personne dont on utilise les données donne son accord de manière explicite. Donc dès que vous êtes d'accord avec les petites lettres, vous pourriez donner votre accord pour ce genre de pratiques.


D'un point de vue législatif, il n'y a actuellement pas de législation spécifique traitant de cette matière. Il faut donc toujours faire le détour par la loi susnommée du 8 décembre 1992. Par contre, aux Etats-Unis il existe des lois spécifiques pendantes devant le Congrès qui veulent mettre un terme aux 'spyware'. Des exemples sont le 'I-Spy Act', le 'Spyblock Act' et le 'Spyware Control Act'.


Quelle est l'utilité du spyware ?

Le 'spyware' est un composant de logiciels réguliers qui aident leur producteur à développer encore plus ces logiciels. Le 'spyware' peut toutefois également être utilisé à des fins de marketing et même afin de permettre de la publicité par 'spamming'. Pour les consommateurs et utilisateurs du logiciel en question, le 'spyware' n'a donc aucun intérêt, au contraire. Il permet à un tiers de savoir toutes sortes d'informations sur nous, ce qui n'est pas toujours souhaitable, au contraire...

Les informations obtenues au moyen du 'spyware' peuvent être réellement utiles pour les entreprises. Cela permet de savoir quels genres de personnes visitent quels sites. Cette information permet aux entreprises de placer des annonces publicitaires sur les sites visités fréquemment par les gens qui sont très intéressés par un produit déterminé, mais elle permet aussi, comme dit ci-dessus, de développer encore plus le logiciel. Ainsi le 'spyware' n'est pas toujours nuisible.

Les développeurs de 'spyware', et donc également les entreprises pouvant obtenir toutes sortes d'informations sur les utilisateurs, vont souvent revendre ces informations aux firmes qui peuvent les utiliser de manière plus spécifique, comme des firmes de marketing ou d'autres firmes du monde publicitaire. Parfois, le producteur du 'spyware' utilisera lui-même les informations 'volées'.


Quels sont les inconvénients du 'spyware' ?

Souffrez-vous de multiples bannières pop-up, même quand vous n'êtes pas en ligne? Recevez- vous beaucoup de spam alors que justement vous êtes prudent quant à qui vous donnez votre adresse électronique? Votre ordinateur est-il lent et se crache-t-il souvent? Alors il est fort probable que tout cela soit la conséquence de 'spyware'.

Si par exemple vous surfez souvent vers des sites sur la santé, où vous remplissez toutes sortes de symptômes dont vous souffrez, il se peut alors qu'on en conclue des problèmes de santé. La même chose vaut pour votre orientation sexuelle ou votre préférence politique. Et même si vous n´êtes pas intéressés à la vie privée, quoi avec les nombreux ‘spams‘ que vous recevez régulièrement dans votre boîte aux lettres électronique ? Le spyware peut trouver votre adresse électronique et votre adresse ip, les envoyer vers un bureau de marketing et le flot de courriers publicitaires non-demandés arrivera par lui-même. Mais il y a une autre raison d'être attentif: le 'spyware' peut en effet causer des dommages à votre ordinateur. Le programme ClientMan par exemple modifie les réglages du 'firewall' populaire ZoneAlarm, sans que vous ayez donnez votre autorisation. NetPal ajoute de nouveaux favoris au logiciel de navigation et place des icônes sur le bureau. Altnet Secureinstall est caché dans KaZaA et utilise la capacité de calcul libre du processeur de votre ordinateur. Le 'spyware' peut télécharger et installer des nouveaux logiciels à partir d'Internet, sans que vous ne remarquiez quoi que ce soit. Le 'spyware' peut établir une connection avec un serveur inconnu, ce qui rend votre système vulnérable aux pirates informatiques. Le 'spyware' peut même occuper de la mémoire, ralentir et même cracher votre ordinateur.

Mis a part le fait que le 'spyware' viole votre vie privée, (voyez “le 'spyware est-il légal”?), il peut également ralentir votre système d'ordinateur et votre connection internet et provoquer des conflits avec d'autres programmes, avec parfois comme conséquence une impasse fatale à votre ordinateur.


Combattre les 'spyware': logiciels auxiliaires ?

Il n'est pas évident de se débarrasser de 'spyware', surtout parce qu'il existe des 'spyware' de toutes les formes, tailles et mesures. De plus, les programmes développés pour combattre les 'spyware' sont souvent, tout comme les logiciels antivirus, en retard par rapport aux faits et devraient presque être mis à jour quotidiennement afin de ne pas perdre son éfficacité.

Les programmes les plus connus pour combattre le 'spyware' sont Ad Aware van Lavasoft et Spybot Search and Destroy. Ce dernier recherche par exemple 12.500 programmes mentions de registres connus. Il y a également Spyware Blaster et Spyware Guard, qui peut être considéré comme un programme auxiliaire de Spyware Blaster. Alors que ce dernier recherche les 'spyware', le premier vous permet tout d'abord de ne pas avoir de 'spyware' sur votre pc. En résumé, on peut dire que plusieurs programmes existent, qui peuvent être obtenus gratuitement et qui sont complémentaires.

L'installation d'un 'firewall' est une alternative. Ce programme de protection émet un avertissement lorsqu’un programme veut se connecter avec l'Internet. Le problème est que cela indique seulement une suspicion de présence de 'spyware', sans réellement rechercher ou contrôler ces 'spyware'. De plus, il n'est pas possible de voir quelles données sont transmises.


Combattre les 'spyware': les retirer manuellement ?

Parfois l'aide des programmes que nous avons décrits ci-dessus ne suffira pas à retirer le logiciel, et il se peut qu'il faudra alors retirer le 'spyware' manuellement. Quoi qu'il en soit, cette méthode est déconseillée car c'est finalement une méthode très maladroite. Il ne suffit en effet pas de retirer le logiciel qui contient le 'spyware', car le 'spyware' reste actif. Quand par exemple vous retirez CuteFTP, Radiate reste simplement présent et actif. Il est en tout cas possible de trouver de très bons manuels sur Internet, par exemple sur le site http://spyware.pagina.nl, où la victime se voit expliqué pas à pas comment retirer le spyware.


Combattre les 'spyware': législation ?

Plusieurs initiatives législatives contre les 'spyware' peuvent être signalées, en Europe comme aux Etats-Unis. Une première grande initiative est la Directive 2002/58/CE du Parlement européen et du Conseil du 12 juillet 2002 concernant le traitement des données à caractère personnel et la protection de la vie privée dans le secteur des communications électroniques (ou 'Directive vie privée et communications électroniques'). Bien que cela soit un pas dans la bonne direction, la directive reste assez vague dans l'approche des 'spyware'. La directive ne fait pas beaucoup plus que d'interdire que les 'spyware' soient utilisés à des fins non-légitimes et sans le consentement de l'utilisateur concerné.

Par contre, aux Etats-Unis on cherche à rédiger des initiatives plus détaillées afin d'agir plus profondément contre les 'spyware'. Après des lois en Californie, à New York et une proposition à la Chambre des Députés, c'est l'état de Washington qui pénalise l'écoute cachée du comportement des surfers. Le 'Engrossed Substitute House Bill 1012' pénalise par exemple l'offre et la diffusion de 'spyware'. Selon le dommage éventuellement occasionné, une amende de 100.000 dollar, et qui pourra éventuellement être élevée à 2 millions de dollar par un juge, peut être imposée.


Combattre les 'spyware': jurisprudence ?

Entre, temps il apparait clairement, au vu de la jurisprudence qui s'est développée et se développe toujours autour de ce thème, que le 'spyware' ne laisse pas indifférent, surtout aux Etats-Unis. C'est là que les plus grands joueurs au niveau du 'spyware' ont été cités devant le juge. Un des cas les plus connus est l’affaire dirigée contre la firme de 'spyware' Gator. Cela a été jusqu'à pousser cette firme à changer de stratégie afin de commencer avec un nouveau nom: Claria .

Un bon aperçu des litiges américains jugés et pendants peut être trouvé sur: http://www.benedelman.org/spyware/#suits.


Sites intéressants traitants des 'spyware' ?


Fiches Pratiques rédigées par l'ICRI, sous la coordination de Fabio Gilio