La Gestion des Droits Numériques (GDN) est un terme unique pour désigner une
série de technologies qui servent à faire respecter certains accords définis au
préalable concernant le contrôle de l’accès à la musique digitale, les logiciels
et d’autres données digitales. D’un point de vue technique, la GDN s’occupe
entre autres de la description, de l’analyse et de la stratification d’œuvres
digitales. En d’autres mots, au sens le plus large du mot, la GDN s’occupe de la
gestion totale et complète d’œuvres digitales. En quelques mots, nous pourrions
décrire la GDN comme une régulation technique et contractuelle de droits
digitaux. Cette régulation trouve son origine dans la nécessité de protéger le
droit d’auteur dans un milieu digital, où la diffusion de ce matériel devient de
plus en plus facile, avec tous les dangers de violation du droit d’autour qui
s’ensuivent.
La GDN doit être distinguée de la ‘copy protection’ et d’autres mesures
techniques de protection (‘technical protection measures’, TPM). Ces deux
notions renvoient à des applications qui contrôlent et/ou limitent l’utilisation
du et l’accès au contenu de médias digitaux sur des supports électroniques qui
portent ces applications. Nous pensons ici par exemple au systèmes de ‘copy
control’ pour contrer la réalisation de copies de CDs.
Un des premiers exemples d’un système GDN est le ‘Content Scrambling System, (CSS)’, utilisé pour des DVDs. En effet, les données sur un DVD sont codées de telle sorte qu’elles ne peuvent être consultées qu’en utilisant une ‘encryption key’, que le DVD Consortium garde secrète. Afin que le producteur d’un lecteur DVD puisse ensuite accéder à cette clé, il doit conclure une convention de licence avec le DVD Consortium. Ainsi, le Consortium peut déterminer que certaines fonctions ne peuvent être admises sur des lecteurs DVD et que, entre autres, un lecteur ne peut pas générer de d’output digital qui pourrait être utilisé pour réaliser des copies de grande qualité.
Il n’existe pas, jusqu’à présent, de système de GDN ayant
réussi l’exploit de protéger un possesseur de droits d’auteur sans en même temps
nuire aux possibilités d’utilisation et/ou aux droits de l’acheteur licite de
l’œuvre. Voici, en illustration, deux techniques et leurs limitations
respectives :
Dans différents pays et à plusieurs niveaux, des idées législatives ont été
proposées afin de soutenir légalement la GDN. Certaines de ces propositions se
basent sur la condition de base selon laquelle tous les systèmes informatiques
devraient être pourvus des moyens nécessaires pour pouvoir manier la GDN.
Le ‘Digital
Millennium Copyright Act’ fut adopté aux Etats-Unis dès 1998, dans l’espoir
d’avoir une réglementation qui suffirait pour tout ce qui est lié à la GDN.
Cette réglementation avait pour noyau central la règle qui pénalisait le
‘contournement’ de systèmes GDN. Le lobbying du DVD Consortium a joué un rôle
important lors de l’introduction de cette réglementation. Finalement, cette loi
fut adoptée sans trop de discussions et de négociations, parce qu’elle semblait
traiter d’une matière principalement technique. Mais il apparut rapidement que
le
‘Digital Millennium Copyright Act’ ne reposait pas sur une base si solide
que ça, entre autres à cause d’objections constitutionnelles. Et jusqu’à ce
jour, l’opposition n’a fait qu’augmenter, car il existe beaucoup de lecteurs DVD
qui contournent les limitations du DVD Consortium. En outre, il n’existe aucune
réglementation légale qui interdirait par exemple à un américain d’acheter un
lecteur DVD qui serait prévu pour lire aux Etats-Unis des DVDs codés en Europe.
Les partisans de la GDN affirment que le design et le contexte opérationnel
de la GDN sont assez connus et que le logiciel pour la GDN est assez développé,
afin que les applications de la GDN ne causent pas de nuisances aux utilisateurs,
à leurs ordinateurs et à ceux qui en dépendent. En plus, ils affirment également
que les réalisateurs d’œuvres digitales devraient avoir la possibilité de
contrôler la distribution de ces œuvres. Ils devraient aussi avoir un certain
pouvoir de décision sur la mesure dans laquelle des copies peuvent être faites
et (dans une certaine mesure) sur les finalités pour lesquelles ces copies
seraient faites. Selon les partisans de la GDN, un manque de possibilités de
contrôle occasionnerait une réduction de la créativité des réalisateurs de ces
œuvres.
Au cours des années s’est développée une grande résistance à l’usage de la
GDN pour la gestion des médias digitaux. Deux contributions qui contiennent
le noyau de cette dispute sont :
John Walker,
"The Digital Imprimatur: How
big brother and big media can put the Internet genie back in the bottle", et
Richard Stallman,
"The Right to Read".
Les points suivants peuvent être avancés afin de ne pas permettre
l’utilisation de la GDN :
La plupart des magasins de musique en ligne utilisent la GDN afin de limiter
l’usage de musique achetée. Il existe beaucoup de fonctionnalités pour gérer
le musique en ligne. Nous donnons ici deux exemples de méthodes permettent
de contrôler la musique achetée :
Fiche pratique rédigée par l’ICRI, sous la coordination de Fabio Gilio.