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Logiciels libres (Open Source) :

Qu’est-ce qu’un logiciel libre?

Un logiciel libre – ou Open Source – est un programme d’ordinateur distribué sous une licence dite libre. Est libre toute licence qui permet à l’utilisateur d’exécuter, modifier, copier et reproduire le logiciel en question.

On voit tout de suite la différence avec les logiciels classiques (couramment appelés «logiciels propriétaires») : les licences de ceux-ci n’autorisent l’utilisateur qu’à exécuter le logiciel. Il est par contre interdit de copier (à l’exception d’une copie de sauvegarde), de modifier ou de redistribuer un logiciel propriétaire.

Une autre différence entre les deux types de logiciels tient aux codes sources. Rappelons en deux mots ce dont il s’agit. Lorsqu’un informaticien écrit un programme, il le fait dans le langage de programmation de son choix (par exemple : C, Java, Fortran, etc.). Le texte qui en résulte est le code source, lisible par l’homme, mais incompréhensible par la machine. Afin d’être exécuté par l’ordinateur, le code source doit passer par ce qu’on appelle une phase de compilation, qui a pour résultat du code objet (ou binaire), lisible par la machine, mais illisible (ou presque) par l’homme. Les logiciels propriétaires ne sont habituellement distribués que sous forme de code objet : on ne peut que les exécuter, mais on ne peut en lire le code source. Au contraire, les logiciels libres sont disponibles à la fois en code objet et en code source. Cela tient au fait que sans le code source, on ne pourrait modifier le logiciel, alors qu’on a vu que la possibilité de modifier le logiciel est une des caractéristiques principales des logiciels libres. C’est cette disponibilité du code source qui explique l’expression «Open source» également utilisée pour parler des logiciels libres.


Qu’est-ce que la G.P.L. et le copyleft?

Lorsqu’on parle de logiciels libres, il est fréquent d’entendre citer la «G.P.L.». Il s’agit de la licence libre la plus utilisée dans la pratique : la General Public Licence. Sa particularité principale est de manifester le plus clairement le principe du «copyleft». Celui-ci désigne un mécanisme assez ingénieux basé sur le droit d’auteur. L’idée est la suivante : les libertés caractéristiques des logiciels libres sont concédées à l’utilisateur pour autant qu’il ne limite jamais les libertés d’autrui. Concrètement, cela signifie que si l’utilisateur redistribue le logiciel, sous une forme modifiée ou non, il devra le faire en accordant aux gens auxquels il le distribue les mêmes droits (exécution, modification, reproduction et distribution) que ceux dont il a lui-même bénéficié. Le résultat est la garantie que le logiciel et toutes ses améliorations seront toujours «libres», ce qui explique la popularité de la G.P.L. et du principe. Sous d’autres licences «non-copyleftées», il est possible de redistribuer de manière propriétaire un logiciel qu’on a obtenu sous licence libre. C’est le cas avec la licence BSD par exemple. Le copyleft vise à éviter une telle situation.


Y a-t-il d’autres logiciels libres que Linux?

Dès qu’on parle de logiciels libres, Linux est le premier à être cité. A tel point que le profane peut en venir à se demander s’il y a d’autres logiciels libres. La réponse est évidemment que oui!

Tout d’abord, il faut se souvenir que GNU/Linux (que l’on abrège couramment en «Linux») est un système d’exploitation concurrent de Windows. Tout comme Windows, il ne comprend pas en tant que tel tous les logiciels dont un utilisateur peut avoir besoin ; il faut encore lui adjoindre des programmes de traitement de texte, des tableurs, des outils de retouche photo, des applications professionnelles, etc. Tous ces outils existent sous forme de logiciels libres. Ainsi peut-on citer OpenOffice, une suite bureautique comparable à Microsoft Office, ou The Gimp, un logiciel de retouche photo, tous deux de célèbres logiciels libres. D’un point de vue plus technique, on citera Apache, le serveur web le plus utilisé du marché, Bind, un serveur DNS, ou Sendmail, un célèbre serveur mail.

Non seulement il y a beaucoup de logiciels diffusés sous licence libre pour la plate-forme GNU/Linux, mais de nombreux logiciels libres sont également disponibles pour d’autres systèmes d’exploitation, tels que Windows. Ainsi, OpenOffice ou The Gimp peuvent-ils être utilisés sur le système de Microsoft. Il est donc tout à fait possible d’utiliser des logiciels open source sans passer par Linux.

Même au niveau du système d’exploitation, des alternatives libres à Linux existent. On peut ainsi évoquer FreeBSD ou OpenBSD.

Pour conclure, nous dirons donc que même si GNU/Linux est le porte-drapeau du mouvement open source, celui-ci comprend de nombreux autres projets intéressants.


Les logiciels libres sont-ils gratuits?

Dans la mesure où tout utilisateur a le droit de redistribuer un logiciel libre au prix qu’il le désire, il est presque toujours possible d’obtenir un logiciel open source gratuitement. C’est la raison pour laquelle la plupart des éditeurs de ces produits proposent leurs programmes en téléchargement gratuit. Est-ce à dire que cela ne coûtera rien de migrer vers une solution à base de logiciels libres? Pas nécessairement. Il existe, tout comme en matière de logiciels propriétaires, d’autres coûts que ceux d’acquisition. Outre les frais de maintenance et de support, indispensables dès lors qu’on dispose d’un système informatique complexe, il ne faut pas négliger les coûts de transition. Tant le coût (en temps essentiellement) de conversion de documents que le coût – bien réel – de la formation des utilisateurs sont à prendre en compte lorsqu’on envisage une migration vers une solution libre. A tel point que la question de savoir si elle est plus économique qu’une solution propriétaire traditionnelle est largement débattue à l’heure actuelle.


Les logiciels libres sont-ils plus sûrs?

Pour l’instant, l’univers open source est relativement épargné par les virus et les autres failles de sécurité qui font souffrir les utilisateurs de logiciels propriétaires. Il faut pourtant nuancer la première impression optimiste qui découle d’un tel constat.

Les logiciels libres ont un avantage du point de vue de la sécurité : le code source étant accessible à tous, les faiblesses peuvent être plus rapidement identifiées par des personnes bien intentionnées que dans le cas d’un logiciel propriétaire, dont le code source n’est disponible que pour les développeurs attitrés du logiciel. Toutefois, pour que ceci se vérifie, il est nécessaire que la communauté d’utilisateurs soit suffisamment nombreuse et participe à l’amélioration du logiciel. Si les utilisateurs ne sont pas nombreux, ou s’ils ne sont pas techniciens ou intéressés au processus de développement, cette dynamique n’existera pas, et rien ne garantira que le logiciel soit plus sûr qu’un autre.

En conclusion, le caractère open source d’un logiciel peut lui permettre d’être plus fiable qu’un logiciel propriétaire, mais ce n’est pas nécessairement le cas.


Les logiciels libres sont-ils de meilleure «qualité»?

Tout comme la sécurité, la qualité d’un logiciel peut être influencée positivement par le caractère libre du logiciel. La disponibilité du code source peut permettre de rapides améliorations et stimuler l’imagination de nombreux développeurs. Mais ici encore, il s’agit d’une possibilité, et rien ne garantit que ce sera effectivement le cas. Si les utilisateurs ne s’intéressent pas au développement du logiciel, celui-ci sera dans une situation rigoureusement identique à celle d’un logiciel propriétaire. Les logiciels open source ne sont donc pas nécessairement de meilleure qualité que les logiciels propriétaires.


Qui a les droits sur un logiciel libre?

On entend parfois dire que les logiciels open source sont «libres de droits» ou «dans le domaine public». Cela est totalement faux. L’auteur d’un logiciel libre conserve tous ses droits d’auteur sur sa création. Simplement, il concède plus de droits à l’utilisateur que ne le fait un auteur habituellement. Mais il continue à pouvoir invoquer ses droits d’auteur.

Le cas devient plus complexe lorsque quelqu’un a amélioré un logiciel libre. Dans ce cas, on appelle la version améliorée une «œuvre dérivée», et c’est celui qui a apporté les améliorations en question qui a les droits sur cette œuvre. Il y a toutefois des nuances à apporter. Tout d’abord, il faut que ses améliorations soient suffisantes pour être considérées comme «originales». Bien qu’en matière informatique on n’exige pas grand chose pour qu’une amélioration soit «originale», il faut tout de même plus que la correction d’une erreur bénigne (une série de corrections améliorant substantiellement le logiciel suffirait par contre). Par ailleurs, si c’est bien la personne ayant modifié le logiciel qui est titulaire des droits sur l’œuvre dérivée, elle a tout de même besoin de l’accord de l’auteur originaire pour exploiter l’œuvre, puisque celle-ci intègre une œuvre dont il est l’auteur. En matière de logiciels libres, ceci ne pose pas problème, puisque la licence libre a justement pour but d’autoriser de telles exploitations.

En résumé, c’est l’auteur de la dernière version qui est titulaire des droits sur l’œuvre, mais il est tributaire des auteurs des versions précédentes pour son exploitation.


L’auteur d’un logiciel libre peut-il changer la licence du logiciel?

L’auteur d’un logiciel – libre ou non – peut toujours choisir de changer la licence sous laquelle il distribue le logiciel. Toutefois, ce changement ne peut valoir que pour l’avenir, en ce sens que seules les nouvelles licences qu’il concède seront modifiées. Cela signifie que les utilisateurs disposant déjà du logiciel sous licence libre continueront d’avoir les mêmes droits : leur situation ne sera changée en rien. Notamment, ils auront toujours le droit de distribuer le logiciel à qui le veut. Si l’auteur peut donc concéder des licences différentes de la licence d’origine, il ne peut s’opposer à la circulation du logiciel sous licence libre. En ce sens, il faut comprendre que l’acte de diffuser un logiciel sous une licence libre est irréversible.


De quelles garanties puis-je disposer avec un logiciel libre?

Lorsqu’on se procure un logiciel propriétaire auprès d’une entreprise commerciale, on sait que l’on peut traiter avec cette entreprise pour les problèmes relatifs au logiciel. Qu’en est-il en matière de logiciels libres? Deux cas se présentent : soit l’on s’est procuré le logiciel gratuitement, soit on s’est procuré une version payante auprès d’une entreprise. Dans le second cas, l’entreprise en question proposera fréquemment des services de support et de maintenance pour un certain prix. Cela garantit une résolution de la plupart des problèmes qui pourront se poser. Dans le premier cas, l’utilisateur est dépourvu de recours, puisque les licences de logiciels libres excluent le plus souvent toute forme de garantie. Est-ce si grave? Il semble que non : la plupart des licences de logiciels propriétaires excluent également toute forme de garantie. Là aussi, les garanties les plus fiables n’existent que lorsqu’il est conclu, indépendamment de la fourniture du logiciel, un contrat indépendant de maintenance et de support. Les logiciels libres ne présentent donc pas tellement de particularités dans ce domaine.


Qu’est-ce qu’une «distribution» Linux?

A la différence de Windows ou Mac OS, le système d’exploitation GNU/Linux n’est pas commercialisé par une seule entreprise, mais par une multitude de distributeurs. Ceci s’explique facilement par le fait qu’un logiciel open source est librement redistribuable. Ceci permet à de nombreuses entreprises et organisations de proposer ce que l’on appelle des «distributions». Ces distributions sont en fait des ensembles de logiciels divers, réunis par le distributeur. Elles comprennent le système d’exploitation GNU/Linux, mais aussi toute une série d’autres logiciels afin de remplir diverses tâches. Les différentes distributions sont compatibles entre elles – elles comprennent toutes le système d’exploitation GNU/Linux – mais peuvent avoir des cibles différentes. Ainsi, il existe des distributions grand public, des distributions plus axées sur les entreprises, des distributions s’adressant aux écoles, etc. Cette différence d’objectifs conditionne le choix des logiciels présents sur la distribution. Toutefois, rien n’empêche l’utilisateur d’encore rajouter d’autres logiciels par la suite.

Parmi les distributions à usage général les plus connues on citera Red Hat, Mandrake, SuSe, Fedora, Debian.


Quelques liens utiles

Des sites de promotion des logiciels libres :
http://www.fsfeurope.org/index.fr.html
http://www.opensource.org/   (en anglais)
http://www.april.org/
http://www.aful.org/index.html 

Un site d’aide à la découverte de Linux :
http://www.lea-linux.org/ 

L’actualité du monde du libre (en anglais) :
http://www.newsforge.com/ 

Un site consacré à l’économie du libre :
http://www.logiciellibre.net/ 


Fiche pratique rédigée par le CRID, sous la coordination de Yorick Cool